LA CITÉ GASTON ROULAUD - SALENGRO (DRANCY)



Pendant un an, le collectif d’artistes et de chercheurs Anthropolinks a arpenté les espaces de la cité Gaston Roulaud-Salengro et est allé à la rencontre de ses habitants et de ses histoires.
 
Une balade sonore, des cartes postales sonores et des vidéo ont été réalisées sur la base des multiples rencontres entre le collectif, les habitants et les acteurs de la cité, visant à mettre en lumière la richesse et la singularité du quartier. Nous les remercions infiniment pour ces beaux moments passés.

Un projet porté et financé par la Ville de Drancy et l'ANRU.

Blog du projet : www.gaston-roulaud.wixsite.com/blog







Regards croisés sur la cité Gaston Roulaud

Les espaces publics, les logements, les entrées et les sorties, les passages ; tous les espaces vécus sont chargés d’histoires et de mémoires que ce quartier porte en lui depuis sa construction en 1958. L’enjeu de ce projet est de faire dialoguer les mémoires de différentes générations d’habitants et de les porter à la connaissance de tous, dans un processus artistique de représentation de la parole habitante.










Les jeunes mènent l'enquête

Avec les jeunes du Service municipal jeunesse (SMJ), AnthropoLinks a organisé deux ateliers (les 17 et 20 juillet 2018) qui consistaient à arpenter le quartier, micro et caméra à la main et à l'épaule, pour aller à la rencontre des histoires, des lieux et des habitants.
 
Après avoir été initiés à l’utilisation du micro et de la caméra ainsi qu’au travail “journalistique”, ils sont partis ensemble à la découvert des lieux des autres et des histoires qui les habitent puis à la rencontre des habitants aux abords des commerces, dans les abris bus, à l’entrée des immeubles, ...













Martine : "On l'appelle la cité des Castors"

Les Castors sont un mouvement d'autoconstruction coopérative né après la Seconde Guerre mondiale en France. Grâce à ce système, un certain nombre de cités d’auto-constructeurs ont pu voir le jour.

C'est le cas de la cité des Castors à Drancy, riveraine de la cité Gaston Roulaud, qui a été construite en partie par des agents de la RATP et des cheminots. Les habitants de ces deux cités partagent une histoire commune.













Mme Samaké : "C'est très important les souvenirs"

Présidente de l'association Gnetaca, mme Samaké revient sur son arrivée en France et plus particulièrement sur son entrée "dans un grand logement chaud". Un de ses plus forts souvenirs est la rentrée de sa fille à l'école  : "Elle m'a dit, ceux qui pleurent pour entrer à l'école, ce sont des enfants gâtés. Je ne peux pas oublier".

Pour Mme Samaké, l'école est une institution centrale, l'éducation une priorité. Originaire du Mali, elle a créé en 2011 une association pour les enfants de son village qui a notamment permis la construction de plusieurs écoles, d'un forage, etc.








Le Royal Drancy café : entre sociabilité et cohésion sociale

Le Royal Drancy Bar est l'un de ces cafés  où l'on boit un verre, tente sa chance, parie sur un cheval ou lit son journal en prenant un café ou un thé. Certains parcourent des kilomètres pour y passer un moment.

Les cafés, lieux d'histoire ordinaire quotidienne, ont toujours tenu une place importante dans la construction de la cohésion sociale locale. Ils sont une interface entre le lieu de travail, le privé, la famille, la vie civile. Ils jouent un rôle social important : lieux de sociabilité, de rendez-vous, de convivialité, de rassemblement, de débats, d'interactions, de rencontres, de réconfort ou encore d'entraide. Ce sont aussi des lieux multiculturels et d’intégration. Si on s'y sent comme à la maison, c'est également un lieu de nécessaire tolérance et de confrontation à la différence sociale, culturelle et politique.








"La sélection de la mémoire se fait sur des détails"

Fabrice revient sur ses souvenirs de la cité. La mémoire intègre notre interprétation des événements ainsi que notre propre histoire.

La mémoire, c'est aussi l'oubli... Ils partagent le même objectif, celui de gérer de façon optimale la montagne de souvenirs qu'engendre la vie quotidienne.









Gardien à la cité gaston Roulaud : "C'est que du bonheur"

Lyes est gardien à l'OPH de Drancy pour le bâtiment D de la cité Gaston Roulaud. Tout en le suivant dans ses tâches quotidiennes, il nous parle de son arrivée récente dans la cité, de son métier et de l'âme du quartier.











" Tout le monde a besoin d'un jardin ! "

Au cœur du parc de la cité ont vu le jour il y a quelques temps déjà, des jardins potagers. Ahmed en profite " tout le monde a besoin d'un jardin !








"J'ai fait 40 ans de nuit, alors la cité je la vois différemment"

Dominique nous a donné rendez-vous sur le muret bleu au cœur de la cité, l'ancienne limite du pont au-dessus du bassin, déjà détruit lorsqu'elle arrive dans la cité.








"A l'époque, il y avait beaucoup de cheminots dans le coin"

Rencontré dans le parc de la cité, Pierre, ancien conducteur de trains-travaux, nous raconte pourquoi "à l'époque, il y avait beaucoup de cheminots dans le coin".








" Franchement, on ne serait pas sorti, parce qu'en bas, c'était la liberté "

M Bartélémy nous reçoit dans ses bureaux de la mairie. Des souvenirs, il en a énormément, surtout de la période de son enfance, âge d'or du jeu dans la cité.








" Une ville, des villes, un quartier "

Hadama travaille à Gaston Roulaud en tant qu'animateur au sein de l'association AARMII. Il aime la musique, il est chanteur, et il aime photographier la ville, surtout Paris et ses ruelles. Hadama aime ce quartier, même sans l'habiter, et pour lui Drancy et Gaston Roulaud, c'est comme une même ville...